Catégorie : MOEURS Note : 0.00 Auteur : Friedrich NIETZSCHE
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« Les moeurs et leurs victimes « Les moeurs et leurs victimes. - L'origine des moeurs doit être ramenée à deux idées : 'la communauté a
plus de valeur que l'individu', et 'il faut préférer l'avantage durable à l'avantage passager' ; d'où il faut
conclure que l'on doit placer, d'une façon absolue, l'avantage durable de la communauté avant l'avantage
de l'individu, surtout avant son bien-être momentané, mais aussi avant son avantage durable et même avant
sa survie. Que l'individu souffre d'une institution qui profite à l'ensemble de la communauté, soit que cette
institution le force à s'étioler ou même qu'il en meure, peu importe, - les moeurs doivent être préservées, il
faut faire le sacrifice. Mais un pareil sentiment ne prend naissance que chez ceux qui ne sont pas victimes,
- car la victime fait valoir, dans son propre cas, que l'individu peut être d'une valeur supérieure au nombre,
et, de même, que la jouissance du présent, du moment paradisiaque pourrait être estimée supérieure à la
médiocre perpétuation d'états sans douleur et de conditions de bien-être. La philosophie de la victime se
fait cependant toujours entendre trop tard, on s'en tient donc aux moeurs et à la moralité : la moralité n'étant
que le sentiment que l'on a de l'ensemble des moeurs, sous l'égide desquelles on vit et l'on a été élevé -
élevé, non en tant qu'individu, mais comme membre d'un tout, comme chiffre d'une majorité. - C'est ainsi
qu'il arrive sans cesse que l'individu se majore lui-même au moyen de sa moralité. » < 89 p.730 >
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